L’immeuble du Rana Plaza, qui abritait des ateliers de textile au Bangladesh s’est effondré le 24 avril 2013. C’est le plus tragique accident industriel de ce pays qui a fait  1 135 morts chez les salariés et plus de 2 000 blessés. Plusieurs marques internationales sous-traitaient avec ces ateliers. Quelles sont les responsabilités internationales et qu’ont-elles fait depuis cet affreux événement pour ne plus que cela se reproduise ?

Primark, Gap, Wal-Mart, Mango, Camaïeu, Inditex -la maison mère de Zara-, Benetton, C&A… Toutes ces marques sont un jour passé par le Rana Plaza pour la fabrication de textile. Une pratique très répandue pour que le coût de production soit toujours le plus bas. Le problème, c’est que les immeubles sont très vétustes. La sécurité des salariés est loin d’être assurée. Alors quand un drame comme celui-ci se produit, les marques y sont responsables.

L'effondrement du Rana Plaza

L’effondrement du Rana Plaza © Capture Youtube

Primark montre l’exemple

Cela touche directement l’image des marques. C’est le groupe irlandais Primark qui l’a compris en premier. Il s’est mobilisé en tête. Selon le directeur du service juridique de la marque et de sa maison mère, Primark a versé 12 millions de dollars, dont 9 millions directement aux 580 salariés du sous-traitant New Wave Bottoms ou à leurs familles. Ils ont aussi donné neuf mois de salaire, qui revient à 640 euros, aux travailleurs du Rana Plaza, qu’ils aient travaillés ou non pour la marque. Une indemnisation qui se monte à 2 millions de dollars auxquels s’ajoute le million de dollars ajouté au fond d’indemnisation créé par l’Organisation Internationale du Travail.

D’autres suivront l’exemple de Primark comme Gap, Wal-Mart, El Corte Ingles, Mango, Camaïeu,  KIK, Mascot, Premier Clothing, Bonmarché ou encore Loblaw qui fait monter les donations à un peu plus d’un tiers de l’objectif du OIT. Inditex et C&A prendront aussi part au fond d’indemnisation, même s’ils n’ont pas passé commande au Rana Plaza.

Des marques qui ne se sentent pas concernées

En premier lieu, Benetton avait nié avoir sous-traiter au Rana Plaza jusqu’à ce qu’une photo de vêtements de la marque sous les décombres apparaisse. La marque a rejoint le comité pour le fond d’indemnisation avant de le quitter pour aider les victimes via l’organisation humanitaire BRAC.

Quant à Carrefour et Auchan, ils refusent de donner aux victimes. Alors que des étiquettes de leur marque respective ont été trouvées sur les lieux, le premier assure que les étiquettes Tex Man retrouvées ne sont pas les siennes et le deuxième insiste qu’ils sont victimes d’une sous-traitance dissimulée.

Les étiquettes retrouvées  au Rana Plaza

Les étiquettes retrouvées au Rana Plaza © Capture LCI

Ce qui a changé

150 enseignes et marques du textile ont signé un accord pour la sécurité incendie et des bâtiments. Il en résulte la fermeture de sept usines et la fermeture partielle de deux autres qui a fait perdre leur emploi à plusieurs milliers de personnes. La structure des bâtiments étant trop faible pour être aux normes.

Pour ceux qui ont encore leur travail, ils ont eu le droit à une augmentation de leur salaire minimum de 76%, qui revient à 50 euros par mois. Pour autant, la concurrence est encore rude et les dirigeants menacent toujours le Bangladesh d’aller se fournir dans d’autres pays comme le Vietnam, le Cambodge ou l’Inde. Très peu de changement donc et une course au toujours moins cher qui continue.