Elle était déjà il y a six mois sous le feu des projecteurs, remportant à 47 ans le César de la meilleure actrice pour son second rôle dans Le Prénom. C’est aujourd’hui dans des circonstances bien plus dramatiques que le sien, de prénom, fait la une des sujets médiatiques. Valérie Benguigui est décédée le 2 septembre dernier des suites d’un cancer du sein, une maladie que l’on ne lui soupçonnait même pas.

Valérie Benguigui, second rôle dans Le Prénom © Pathé

Valérie Benguigui, second rôle dans Le Prénom © Pathé

Ce grand prix du septième art français signalait l’apogée d’une carrière débutée la vingtaine à peine entamée, aux cours Florent. S’en suivent pourtant des années difficiles, à l’issue desquelles elle déclarera « avoir mis du temps à [se] trouver », expliquant par là la maigreur des opportunités artistiques lui parvenant. Valérie Benguigui peut cependant compter sur son mari, rencontré au cours de cette cette fameuse formation comique, bien qu’Eric Wapler de son nom se reconvertisse restaurateur, durant cette période de franche galère. Et c’est en fait par les milieux connexes au cinéma que son ascension artistique se programmera. Après un tout premier film, dirigé par Francis Huster, On a volé Charlie Spencer, Valérie Benguigui se fait connaître à la télévision, décrochant des rôles majeurs dans des séries françaises, interprétant tantôt Nadia Botkine dans Avocats et Associés (France 2), tantôt Prisca dans Kaamelott (M6). Des rôles asseyant une présence de plus en plus marquante dans le paysage des actrices françaises. On dénote ainsi dans cette période son rôle dans le carton cinématographique La vérité si je mens !, aidant notablement la construction de sa notoriété. Mais c’est aussi sur les planches que Valérie Benguigui démontre l’étendue de son talent. Elle joue, elle met en scène, aussi, pour Valérie Lemercier ou Charlotte de Turckheim notamment.

Et c’est dans la première décennie du vingt-et-unième siècle que la gloire commence à lui sourire. Outre ses rôles à la télévision, Valérie Benguigui est à l’affiche de Comme t’y es belle, de Lisa Azuelos, en 2006. Demeurant aujourd’hui encore l’une de ses performances les plus saluées. Quelques années plus tard, elle participe à la mise en place d’une nouvelle pièce de théâtre, Le Prénom, dans laquelle officie avec elle, dans l’un des rôles titres, Patrick Bruel. Une oeuvre si saluée par la critique – pour laquelle elle est d’ailleurs déjà nominée aux Molières en tant que meilleure comédienne dans un second rôle – que son adaptation au cinéma ne tardera pas. C’est là que Valérie Benguigui explose, en 2012, dans ce grand succès comique de l’année. Et pour lequel elle sera récompensée, un an plus tard à peine, lors de cette cérémonie si religieusement scrutée du métier. C’était il y a sept mois à peine, et on croyait alors l’actrice promise à un avenir toujours plus brillant, toujours plus glorieux. La maladie, jamais évoquée, l’aura pourtant rattrapée. Et en ce 6 septembre 2013, ses obsèques attristent tant les célébrités – venues nombreuses, de Marina Foïs à Géraldine Nakache en passant par Karin Viard et Arié Elmaleh – que la France entière, qui a là perdu l’un de ses plus grands talents émergents. Public, collègues, critiques, Valérie Benguigui les avait tous séduits.