Lesbophobe, Léa Seydoux ? C’est la controverse qui a agité la toile le 13 août dernier à la lecture des propos de l’actrice au magazine Grazia. En pleine promotion pour son nouveau film Grand Central, programmé en salles pour le 28 août prochain, la jeune femme est naturellement revenue sur le phénomène La vie d’Adèle, triple Palme d’Or du Festival de Cannes 2013 et peut-être nominé aux Oscars. Au cours de l’interview, la révélation du cinéma français a pourtant trébuché sur une question maladroite, enflammant aussitôt les réactions des internautes, et entraînant les plus dangereux des amalgames.

Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux © La Vie D'Adèle

Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux © La Vie D’Adèle

Du long-métrage d’Abdellatif Kechice, certains diront qu’elle n’en a retiré aucune leçon. De tolérance, d’ouverture d’esprit aussi. Ce sont quelques-unes des attaques s’étant multipliées mardi dernier autour des propos de Léa Seydoux sur son expérience au sein de La vie d’Adèle. Revenant sur sa performance à l’écran, l’actrice s’est laissée aller à une confidence très maladroite, aussitôt reprise sur de nombreux sites nationaux.

Par moments, je me suis trouvée jolie, sexy mais il y a des plans où je me trouve nettement moins belle ! On dirait un peu une lesbienne (Rires).

Réalisant immédiatement la bourde lui ayant tout juste échappé, extrêmement confuse, l’égérie Rag & Bone a alors tenté de développer sa pensée afin de se rattraper, faisant référence au contraste entre La vie d’Adèle et Grand Central, ses deux derniers rôles – très rapprochés – au cinéma.

Attention, je ne dis pas que les lesbiennes ne sont pas jolies, surtout que j’ai fait un film où j’incarne une lesbienne. Je crois justement que c’est parce que je venais de jouer une fille masculine dans La Vie d’Adèle que ça me plaisait vachement de jouer une fille très féminine.

Mais le mal était déjà fait. Au milieu des internautes interloqués et des intervenants effarés, certains médias ont eux aussi ajouté leur grain de sel, dénonçant des propos décevants d’une part, à considérer sérieusement dans leur dangerosité amorcée d’autre part. C’est notamment le cas de Yagg.com, média gay et lesbien, dont la réaction s’est fait le porte-parole de bon nombre de voix encore silencieuses. Cette polémique aura au moins eu le mérite de recentrer quelques précisions dans un vaste débat sur l’homosexualité et son identité.

N’en déplaise à Léa Seydoux, être belle, jolie, féminine ou sexy n’est pas l’apanage des femmes hétérosexuelles. Il est regrettable qu’après avoir reçu une palme à Cannes pour son rôle dans La Vie d’Adèle, elle semble encore penser que les lesbiennes se débrouillent pour être « nettement moins belles ».