Cela faisait depuis 2006 et Amélie Mauresmo que l’on attendait une telle victoire. Le 6 juillet dernier, c’était chose faite, une Française remportait à nouveau le prestigieux tournoi de Wimbledon. Face à l’Allemande Sabine Lisicki, Marion Bartoli a réussi à imposer son jeu de façon à réitérer l’exploit français. Mais si la performance est unanimement louée, ce sont des réactions bien plus inattendues – et déplacées – qui ont fait parler d’elles.

C’est John Inverdale qui couvrait la grande finale de tennis en live pour BBC. Et c’est au beau milieu de considérations sportives que le journaliste a prononcé la phrase de trop, la phrase qui allait soulever un tollé général et relancer le débat sur une thématique bien trop récurrente. S’interrogeant sur le profil de la jeune française concourant pour la première place du tournoi, l’intervenant radio s’est en effet focalisé sur son physique, le jugeant vraisemblablement peu attrayant.

Pensez-vous que le père de Bartoli lui a dit quand elle était petite « Tu ne seras jamais un canon, tu ne seras jamais une Sharapova, donc tu dois t’accrocher et te battre? »

S’adonnant à un jugement esthétique au détriment d’une analyse de ses capacités physiques, le journaliste s’est attiré les foudres des associations féministes – et des femmes en général, lui reprochant l’expression d’un sexisme ordinaire très présent dans le milieu du sport. Un énième exemple de cette pression infligée aux femmes ? Une matérialisation verbale d’un culte de la réussite physique aussi bien que professionnelle ? Peut-être la maladresse a-t-elle rattrapé John Inverdale, mais cet épisode met une nouvelle fois en exergue la place hégémonique de l’apparence au coeur de toutes les considérations dédiées aux femmes. Comme si, avant tout autre chose, elle devait être mince et jolie.

Quelques heures plus tard, Marion Bartoli se présentait rayonnante en mini robe et Louboutins © Marion Bartoli via Twitter

Quelques heures plus tard, Marion Bartoli se présentait rayonnante en mini robe et Louboutins © Marion Bartoli via Twitter