Le dossier anti-Photoshop avance, lentement. Sûrement ? Aujourd’hui, c’est la chaîne britannique Debenhams qui annonce cesser la retouche sur papier glacé de ses mannequins représentants, soucieuse de l’image peu saine renvoyée à des clientes obnubilées par le culte de la maigreur.

Ce n'est pas la première fois que l'enseigne prône la diversité © Debenhams

Ce n’est pas la première fois que l’enseigne prône la diversité © Debenhams

Ce n’est pas la première fois que Debenhams fait avancer le débat. Déjà connue pour l’exposition en vitrine de mannequins taille 44 et sa collaboration avec des modèles handicapés, la griffe rajoute donc une corde à son arc, fait un pas de plus vers une mode plus éthique, en prenant une décision qui relance les controverses. Déjà consommée par la déclaration choc d’un top model au contrat ultime – puisque Ange Victoria’s Secret – , mise en pratique par BLK DNM, misant sur la beauté naturelle de Gisèle Bündchen, et dernièrement Rag & Bone, dont le premier visuel de la campagne automnale présente une Léa Seydoux au charme brut, cette importante question sociétale prend de nouvelles proportions. C’est décidé et entériné, Debenhams stoppe net son usage de Photoshop, une initiative notamment poussée par un désir de pouvoir consulter des catalogues de lingerie réalistes, et invite ses concurrents à faire de même.

C’est un bâton de plus dans les roues d’une mode tyrannique et anxiogène, dont on espère qu’elle s’arrêtera bientôt de tourner. Car si le débat sur les mannequins grandes tailles prend du poil de la bête, le fin mot de l’idéalisation d’un corps mince réside bien dans cet usage à outrance d’un logiciel de retouches, transformant les corps en de vulgaires portants informes, inhumains. Retrouver un peu de réalisme, faciliter une identification devenue trop biaisée, c’est finalement toute l’évolution qu’on lui demande. Pour demain ?