Karl Johan-Persson est le directeur général d’H&M. Interviewé par le Metro World News à Stockholm à propos de sa récente politique sur la diversité des mannequins employés par la marque, il s’est livré sans détour sur la vision de la mode et de la femme qu’H&M tente de mettre en pratique.

En effet, ses récentes décisions de campagnes ont été plutôt appréciées du public. Ayant érigé Beyoncé en ambassadrice estivale, ravissant nos mirettes de son corps curvy se déhanchant en bikini, et ayant refusé que ses photos soient le moins du monde retouchées, puis ayant décidé de confier l’image de représentante de sa ligne grandes tailles à Jennie Runk, mannequin plus proche d’un 42 que d’un 36, ses initiatives sont assez rares dans le milieu de la mode pour être soulignées. Et venant d’H&M, le retentissement était puissant, international, d’autant que les campagnes publicitaires de la chaîne sont fréquemment diffusées sur les ondes mondiales. En comparaison, Abercrombie & Fitch déclarait au même moment que les « grosses n’étaient pas cools et ne devaient pas porter ses vêtements », et décidait de stopper la confection de son prêt-à-porter pour les tailles supérieures au 38. Une démarche extrêmement choquante, qui vous a beaucoup fait réagir.

© H&M

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L’interview de Karl Johan-Persson tombe donc à point nommé, car la marque ne s’était encore exprimée sur sa récente ligne de conduite. Aucune communication n’avait entouré la promotion de Jennie Runk, ce qui nous avait d’ailleurs enthousiasmé tant le cas contraire est fréquemment synonyme d’une hypocrisie dans la démarche amorcée. Ses déclarations au Metro World News ne dévient de cette discipline déjà consommée, entre mea culpa et avenir engagé, forcent le respect.

Certains mannequins que nous avons employé par le passé étaient trop maigres. La diversité est une chose qui nous tient à coeur et sur laquelle nous travaillons beaucoup. Nous ne voulons surtout pas donner l’impression à nos consommatrices que les femmes sont tenues d’adopter une certaine silhouette.

Karl Johan-Persson n’en oublie pas pour autant d’opérer une distinction entre l’anorexie des mannequins et ceux à la silhouette morphologiquement mince, ne résultant pas d’une tyrannie de la maigreur. Ne cherchant pas dans une tentative populiste à discriminer les mannequins à l’IMC acceptable, il révèle ainsi la décision d’H&M de privilégier les top models qui, avant toute considération, ont l’air enjoué et en bonne santé.

J’estime que les mannequins dans nos publicités doivent avoir l’air en bonne santé. Vous savez, il y a des top models qui sont sans aucun doute trop maigres et en sous-poids évident, mais il existe également des mannequins qui sont juste minces, et ce sont ceux-ci avec lesquels nous devons continuer à travailler, car ils ont l’air en bonne santé.

Espérons qu’H&M tienne ses promesses, le chemin est encore long mais ses débuts semblent bien partis. C’est vrai, Doutzen Kroes ne se fait-elle pas l’incarnation parfaite de la bonne santé et de la joie de vivre ?