Zara est probablement la marque du groupe Inditex qui a su le plus largement s’imposer dans le paysage global du prêt-à-porter. Largement plébiscitée par les consommateurs du monde entier pour son renouveau constant calqué sur les tendances apparues sur les défilés, Zara est devenue l’une de ces chaînes incontournables, points repères dans cette mondialisation du vêtement qui appelle de plus en plus l’émergence des distributeurs de moyenne gamme. Alors pourquoi cette installation presque hégémonique de l’espagnol ? Et vous, doutez-vous encore des qualités de son service marchand ? Votre magazine So Trendy a analysé pour vous les divers composantes de son succès comme les points qu’il lui reste à améliorer, afin de vous prodiguer une étude complète et objective – sans divergence d’intérêt – de la marque et de répondre – favorablement ou non – à votre scepticisme. A-t-on raison d’acheter en masse chez la griffe espagnole ? C’est la question sur laquelle nous allons finalement statuer.

Les produits Note 4/5

Zara est sans conteste un expert dans le renouvellement de sa ligne. Tous les mois environ – une durée qui pourrait même se compter en semaines – , le géant espagnol commercialise de nouvelles pièces, dont certaines sont tout droit issues des plus grands défilés de haute-couture. En effet, Zara est passé maître dans l’art d’adapter à la vie quotidienne les créations fortes en style des plus grands noms de la mode. Une pratique qui enthousiasme autant qu’elle dérange, confrontant les adeptes de l’acquisition de pièces à tendance haute-couture à moindre prix et les défenseurs de la propriété intellectuelle des designers. Attention toutefois, bien qu’il s’imprègne de façon soutenue du travail de certains créateurs, Zara ne fait pas dans la contrefaçon. Et que l’on adhère ou non à cette éthique particulière, le renouvellement de sa gamme de produits est manifeste et constitue l’un de ses grands atouts marketings. En témoignent ses lookbooks mensuellement édités.

Restons dans le domaine de son panel de produits en nous intéressant à sa variété réelle. Si, comme nous l’avons précédemment évoqué, Zara propose à la vente de nombreuses pièces inspirées des défilés et donc porteuses des tendances actuelles, éphémères comme évoluant depuis plusieurs saisons, la chaîne espagnole est par ailleurs plébiscitée pour ses basiques intemporels, d’ailleurs regroupés sous le label Zara Basics. T-shirts, débardeurs, cardigans, blazers ou même maille ont également fait la réputation de la marque. L’un de ses hits ? Sa collection en lin spéciale été. Enfin, en plus de décliner les vagues de tendances en une large sélection de produits en étant plus ou moins inspirés, et laissant libre champ aux fashionistas comme aux femmes peu soucieuses de la mode au sens littéral, la marque a également créé en son sein une branche à destination des jeunes, Trafaluc. S’y côtoient une sélection approfondie de motifs et de coloris flashys aussi bien qu’un esprit plus streetwear. Teddys, slippers, slims imprimés cachemires et boots motardes ethniques y sont par exemple représentés de manière plus conséquente. Autre particularité, le développement d’une ligne spéciale grossesse.

Qualitativement parlant à présent, les produits estampillés Zara connaissent une longévité moyenne, sans conteste plus élevée que celle des pièces H&M et supérieure ou égale à ses équivalents Mango, ses concurrents directs, semblable parfois à celle des marques de moyenne/haute gamme telles que Maje ou Sandro.

Les prix Note 2,5/5

Toujours dans un esprit de comparaison, Zara se positionne clairement dans la fourchette haute de la définition des prix d’une marque de moyenne gamme. Comptez jusqu’à 90€ pour des bottines, entre 30 et 70€ pour des escarpins, environ 25 à 30€ pour un T-shirt, entre 70 et 120€ pour une veste/manteau et minimum 50€ pour une robe. Le moins cher ? Les basiques précédemment évoqués, et la ligne Trafaluc. Le plus ? Globalement tout le reste de sa gamme de produits.

La qualité légèrement accrue des pièces confectionnées par la marque ne suffira donc pas à rattraper cet important décalage de prix. Les produits Zara sont certes de qualité mais leur valeur marchande excède tout de même leur valeur réelle.

En ce qui concerne les rabais, Zara en est grossièrement avare. La marque ne dispose d’aucun programme de fidélité. Sa seule période de promotions ? Les soldes bisannuels, qui y sont pourtant minimes, se comptant en une dizaine d’euros de rabais par tranche de trente euros environ, voire moins, et n’évoluent pas selon les démarques nationales, stagnant généralement durant les cinq semaines des dites promotions. Seule exception, certaines grosses pièces, dont le prix s’abaissera de façon intéressante au fil des démarques mais souffrant de la probabilité croissante d’une rupture de stock. Notez également que tout au long de l’année, un achat dans l’une de ses boutiques espagnoles – donc maternelles – vous permettra d’obtenir entre 5 et 20€ de réduction par pièce qu’une même commande effectuée en France. La faute aux taxes ou à une marge étendue ? Toujours est-il que de façon générale, Zara ne lésine pas sur le prix de ses produits.

La boutique en ligne Note 3,5/5

L’e-shop de la marque est très agréablement présenté. Sobre, minimaliste, accessible, il offre une ergonomie remarquable. La recherche de produits est facilité par la multiplication de filtres, les pièces elles-mêmes sont représentées de manière claire, bénéficiant de photographies bien éclairées sous chacun de leur angle. En guise de services annexes, lookbooks, informations de location des boutiques et sur la marque en général sont proposés à la consultation du consommateur.

L’espace en ligne délivre également plusieurs possibilités de livraison. A domicile tout d’abord, à raison de 3,95€ – dans la moyenne de ses concurrents – via les services du transporteur DHL pour une durée très raisonnable – et vérifiée en pratique – de 3 à 5 jours ouvrables. Possibilité d’une livraison express sous 24 à 48 heures pour 9,95€. En boutique ensuite, sous 3 à 5 jours ouvrables, un service délivré gratuitement, qui contribuera cependant à isoler encore un peu plus les villes dépourvues d’un point de vente Zara, dont la population est donc logiquement la plus fervente utilisatrice de son e-shop.

Les retours sont à traiter exclusivement avec DHL, gratuitement cette fois, en faisant une simple demande via internet et attendant la fixation d’une date avec le transporteur. Attention toutefois, soyez certains d’avoir reçu la confirmation de la date choisie avant de prendre une journée de congé, le délai entre le remplissage de votre demande de retour initiale et la confirmation du passage de DHL à votre domicile à une date convenue pouvant parfois s’avérer assez long. Comptez ainsi environ 4 ou 5 jours.

La boutique physique Note 3,5/5

Zara a organisé ses boutiques en des espaces plutôt bien agencés, séparant généralement sa collection mère de sa ligne Trafaluc, et rassemblant souvent les produits d’une même inspiration en un même corner. Les vêtements y sont ainsi faciles d’accès, aisément repérables en un coup d’oeil. Le point négatif ? Ses piles informes de T-shirts durant les soldes, donnant l’impression d’un vaste fouillis incohérent et prévenant souvent le consommateur d’aller y jeter un coup d’oeil. Mais, comme dit plus haut, ses promotions sont de toutes les façons peu avantageuses pour lui.

Le personnel y est comme toujours plus ou moins sympathique selon les boutiques, les cabines très éclairées et munies d’un miroir plutôt bien orienté, et en ce qui concerne son ambiance générale, Zara mise sur une bande-son électro mais sans paroles, moins vite agaçante donc que chez son concurrent Mango.

Avis général sur Zara Note 3,5/5

En résumé, Zara assoit sa place incontournable de par son stock varié de pièces étudiées sans cesse remis au goût du jour. N’étant pour l’instant confrontée à un réel concurrent sur ce terrain, la marque peut ainsi réaliser de gros profits en imposant de larges marges commerciales, excessives pour le consommateur, ainsi acculé entre son désir de produits assez qualitatifs à la pointe des défilés et le désespoir de son porte-monnaie. Avec l’émergence des grands distributeurs asiatiques, Zara pourrait voir son monopole ébranlé, et ce serait là un moyen de rendre ses produits plus accessibles. Car c’est là que réside bien le majeur point noir de l’enseigne qui présente outre mesure toutes les qualités d’une chaîne de moyenne gamme au-delà du correct.